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Espagne – Autour du lac de Yesa

Droit sur Berdun …

Grands travaux

Un lac entouré de villages abandonnés, dans une zone désertique et montagneuse. Voilà qui suffit pour remplir son sac et partir le weekend.

Direction le Sud. On passe la frontière espagnole, non pas par le tunnel du Somport, mais par le col du même nom, histoire de se balader autour de la monumentale gare de Canfranc, ses hangars, ses wagons éventrés. La route suit le rio Aragon. En ce mois d’Avril, les champs de blé sont plus verts qu’ils ne le seront jamais. Voici le village de Berdun perché sur sa colline. On file jusqu’au lac de Yesa, la longue tache bleue qui avait attiré notre attention sur la carte.

Comme à Mediano, plus à l’est dans l’Aragon, il s’agit d’une retenue artificielle. Comme à Mediano, des villages ont été submergés au nom du progrès. Dans les années 50 et 60, le général Franco lance son pays dans de grands travaux de modernisation. Ces retenues d’eau, nombreuses sur les contreforts des Pyrénées bénéficient aux cultures plus en aval. Comme les travaux ne s’arrêtent jamais vraiment en Espagne et que l’esthétisme est le cadet des soucis, il semblerait qu’une voie rapide passant par-dessus l’extrémité est du lac est en construction. En Espagne aussi, les routes ont parfois des largeurs exagérées. Ça sera le cas ici, ça l’est pour cette voie de service à notre gauche, où passeraient quatre camions de front. Tout ça alors que la circulation est loin d’être folle …

La tour veille au sommeil de Ruesta …

Des ruines et de l’eau

Bref, une tour médiévale, voici le village abandonné de Ruesta sur la rive sud, mais peut-être pas totalement. Quelques peintures révolutionnaires sur les murs. Un chien qui aboie, quelqu’un qui parle fort, une seule voix. Il y a peut-être une ZAD de une personne contre les travaux routiers qui, c’est vrai, défigurent le paysage à l’est du lac.

Esco, village abandonné hors des eaux …

Au nord, Esco est sur un versant à quelques centaines de mètres de la route. Ici, on est vraiment seul au milieu des pierres, dans les ruelles étroites que comptait le bourg, la végétation a repris ses droits, recouvrant des murs, dépassant des fenêtres, d’où les dames devaient discuter dans le temps. Des coquelicots poussent sur le chemin que les habitants emprunté jadis pour monter jusqu’à l’église qui surplombe le village. Marcher dans ces ruines est vraiment spécial. Là où ils avaient de la vie, il n’y a plus qu’un silence à peine troubler le moteur d’une voiture qui passe de temps à autre en contre-bas. Toutes les maisons ont perdu leur toit, et c’est dommage parce que l’orage est imminent.

Nous ne trouverons jamais Tiermas, le troisième village vidé de ses habitants pour que les agrumes poussent plus au sud. L’été, il y a une base nautique par ici. L’eau du lac est d’un vert magnifique, des arbres y baignent leurs racines.

Les eaux du fleuve Aragon retenue par Yesa …

La quasi-totalité du lac se trouve dans la province d’Aragon, sauf son extrémité ouest en Navarre, ainsi que Yesa, la localité qui lui a donné son nom. C’est un village neuf, tout en nuances de marron comme l’architecture récente espagnole sait bien le faire.

De la pierre, encore de la pierre

Alors que faire aux alentours ? Pour les amateurs de moyen âge et de canonisation, le château de Javier a évolué de simple tour au Xème siècle à une imposante construction aujourd’hui. Les pèlerins viennent y prier Saint François Xavier, missionnaire en extrême orient, qui est né entre ces murs. Au nord du lac, si le monastère de Leyre n’est pas spécialement intéressant en lui-même. Il offre un point de vue sur les eaux, permet de prendre un peu de hauteur et de se promener parmi les arbres.

Vue sur le lac depuis le monastère …

Si on préfère la nature, la rivière Salazar se creuse un chemin dans la montagne pour pouvoir se jeter dans l’Aragon. A l’ouest du lac, un sentier circule en bas des gorges de Lumbier. Il longe l’eau, apporte un peu de fraîcheur au marcheur entouré de murs rocheux. Plus au nord les gorges (foz en espagnol) d’Arbayun sont nettement plus imposantes.

Sur le sentier de la foz de Lumbier …

Les traces de l’homme sont réduites. On est en basse montagne, une route au nord rejoint la Soule, une autre est parallèle à la retenue de Yesa, trace sur un plateau d’herbe rase. Quelques cabanes esseulées, quelques troupeaux, la paix. Non pas que ces deux jours dans ce nord espagnol soit saturé de touriste. L’Aragon, la Navarre, c’est toujours le grand dépaysement à deux pas de la maison.

Les blés encore verts aux abords du lac …
Quand on sème pas à la même date …

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