Anglas : Monter au lac ou descendre à la mine ?

La montée vers le lac d’Anglas depuis Gourette est une petite rando accessible à tous, 700 mètres de dénivelés sur des pentes douces puis plus prononcées réparties sur deux heures et des poussières, un peu plus si on choisit de faire une boucle par le lac d’Uzious. Un sentier tout à fait praticable progresse au milieu de la verdure, des buissons de bruyère, des eaux qui ruissellent des versants, sur votre droite, vous pourrez admirer les falaises de Pène Sarrière, aiguisées comme une lame. Une facilité d’accès qui en fait un circuit fréquenté et famillal, le bonheur de la sieste au bord d’un beau lac de montagne pour tous, et pas seulement les randonneurs expérimentés. Ce qui permet de croiser quelques (rares) comportements inhabituels des randonnées, ici un qui monte pied nu, sûrement pour être au plus près de la nature, là une ado qui a glissé son enceinte bluetooth dans son sac à dos, histoire de sentir encore un peu dans sa chambre.

Mais il n’échappera pas au promeneur que les lieux ont jadis connu une présence humaine autre que contemplative, ouvrière. Les vestiges fondus dans le décor en sont nombreux dans la montée, ces câbles tapis dans la végétation, ces rails qui s’arrêtent net au dessus du torrent coulant en contre-bas, ces poulies rouillées, des carcasses non identifiées. Puis au sommet, surplombant le lac de quelques mètres, des pans de murs témoignant d’anciennes constructions dépassant la simple cabane de berger et surtout, l’entrée d’une mine creusée dans la roche, et puis ce qui devait être une sieste paisible dans l’herbe se transforme en toutes suppositions sur l’exploitation minière de l’endroit.

En fait, l’histoire fut brève. La société des mines d’Arre dont le siège était à Lyon commença à extraire du zinc d’Anglas en 1881 de mai à octobre, nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude. Les chariots plein descendaient dans la vallée et remontés vides par un système de câbles aériens, d’où les poulies. Le minerai était transformé à Gourette, convoyé à Laruns par charrettes puis à Bayonne par le rail, là où il était exporté. Le travail l’hiver fut testé dès 1882-83 mais vite oublié puisqu’une avalanche emporta 17 des 33 ouvriers présents. Après le drame, l’exploitation du site dura encore jusqu’en 1893, employait plus d’une certaine d’habitants de la vallée à sa courte apogée. Les installations couteuses ne furent jamais rentabilisées. Un fiasco !

Toujours est-il que depuis, toutes les nuits, les fantômes des mineurs ensevelis reviennent terroriser les bivouacs imprudents.

 

Sources infos sur la mine :cauhape.bernard.free.fr

Infos sur la rando : Topopyrénées

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