Fête de la Musique : Promenons nous dans Pau.

Un air de cornemuse s’engouffre dans la rue Serviez et accueille le promeneur qui arrive sur la place Clémenceau pour profiter que la Fête de la Musique paloise. Il s’agit d’un musicien esseulé qui va bientôt laisser sa place au duo folk X-TV sur la scène centrale de la soirée. Au moins la moitié faisait plus de bruit il y a dix ans quand il passait à l’Ampli avec Uncommonmenfrommars, il avait aussi les cheveux plus bruns, mais ça, c’est notre lot à tous. Ils jouent des petites chansons en français en anglais, entre nostalgie et dérision, c’est positif et plein de bonne intention, et surtout, c’est pas violent pour commencer la soirée.

Non loin de là, la scène de la rue Joffre est réquisitionnée par le collectif des Waykoppains (à l’initiative du groupe de pop punk Waykopp) et c’est Zoro, un duo de lycéen qui démarre son deuxième concert (pas de la soirée hein, de son existence). Bernardo créée un groove léger à la guitare et Don Diego chante un peu soul, un peu crooner. Pas de 21 juin sans reprise de Where is my Mind, et bien là voilà, presque parlée, mais on sent que ça vient des tripes chez le garçon. Le 21 juin, on ne reste pas souvent plus de deux morceaux devant chaque groupe, mais cela était digne d’intérêt. Le riff de La Grange arrive d’une rue adjacente, des flots humains vont et viennent, tout Pau est dehors, à l’espagnole, désertant appartement étouffant en ces jours de canicules.

Les groupes plus expérimentés jouent également la carte de la reprise, les basco-argentins de Capsula ont incendié toutes les scènes des environs et sont là ce soir pour rendre un hommage rock’n’roll à David Bowie et aussi flamboyant que leurs chemisent scintillent. Après des morceaux de Ziggy Stardust, le show vire au best-of du glam Rebel Rebel au plus sérieux Heroes, la chronologie semble respectée. Martin Guevara se veut historien, introduisant certains titres tout en haranguant le public qui finit par se rendre compte qu’il connaît telle ou telle chanson. Mais il est toujours aussi virevoltant, monte sur la batterie, brandit sa guitare vers les étoiles, là où le Thin White Duke a rejoint le « starman waiting in the sky »

Flamboyant Capsula – Photo Elodie Frigot et son smartphone

On dirait bien que le timing n’est pas bon et que toutes les scènes « officielles » finissent en même temps … Les traditionnelles percus brésiliennes déambulent dans les rues, pas loin ça danse la salsa. A l’angle de la rue des Cordeliers et Joffre un DJ et surtout la galerie vidée par la désertification commerciale du centre ville a été investit par le collectif d’artiste de l’Atelier Ambulant, des collages, des peintures, il y en du toit au plafond et forcement sur les murs, des styles comic, psyché ou ethnique se superposent, c’est à voir et surtout c’est éphémère.

Place du Parlement, les locaux de Head like Foot attaquent un rock synthétique un peu rigide mais plutôt offensif, d’ailleurs un ampli en flambe. Retour à Clémenceau, l’OVNI sur scène ne vient pas de la planète mars mais bien des 90’s, Daniel Jammet, ex-Mano Negra et compagnon de route de Mano Solo peint en vert et faisant dans l’electro rock robotique avec des ex-Maximum Kouette. Quand on sait ça La Poison a un goût bizarre, alors qu’on a évidement le droit de chercher à renouveler 20 ans après …

Il est 1h du mat’, est-ce que la température a baissé d’un degré ? Non, toujours pas.

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