Live ! The Growlers à l’Atabal

La connexion entre la Californie et le Pays Basque peut paraître évidente, la plage, le surf, le cool, et pourtant c’est assez récemment qu’on a vu les meilleurs groupes de rock côté pacifique débarquer côté atlantique, et cela, par le travail conjugué de l’Atabal et d’assos comme Musique d’Apéritif. Wand ou les Tijuana Panthers passent gratos en bord de plage. Dans la salle de concerts, c’était Thee Oh Sees, ce sera Ty Segall et ce soir The Growlers. A l’automne dernier, les gars de Costa Mesa sont tombés de leur hamac pour retrouver Julian Casablancas à Big Apple et enregistrer City Club. Un album au beat crâneur et plein d’assurance, plutôt bon, il est parfois bien de sortir de sa zone de confort, mais on pouvait se demander s’il s’agissait bien des bonhommes nonchalants que l’on connaissait, tant le producteur semblait les avoir façonnés à sa propre image dans un excès de narcissisme. Alors qui verrions nous sur cette scène ?

Trop tard pour Kepa qui assurait la première partie, le one-man-band à moustache, n’a pas appris le blues avec l’unplugged d’Eric Clapton, il a bien compris qu’il devait y avoir un groove derrière la musique du diable et d’ailleurs il a pas mal tourné depuis sa découverte au tremplin Discoverse à Pau.

The Growlers entrent en scène sur un air new wave, ils sont vêtus d’impers de quelques polices secrètes ou de chemises army, mais avec leurs bouclettes et cheveux longs, on sait bien qu’ils ne sont pas dangereux, sûrement des déserteurs. Côte ouest ou côte est, peu importe, ils sont là avant tout pour faire danser, c’est Big Toe qui ouvre la soirée, les titres de Chinese Fountain seront en retrait par rapport à ceux de City Club, moins mélancoliques et au son new wave plus épais. L’arrogance de I’ll be Around cohabite avec la fragilité de Love Test dans un enchaînement de morceaux soutenu, mais Brooks Nielsen, dandy à la voix éraillée garde une sincérité touchante. Il changera trois fois d’imper durant le set, laissant celui floqué « City Club tour 2017 » pour un cuir râpé. Dull Boy est l’occasion de placer un rythme reggae, alors que Vacant Lot amène le groupe dans une autre dimension, éteint toute naïveté pour se laisser tenter par les ténèbres. Les nouveaux titres sont vraiment taillés pour la scène, alliant classe et puissance, sans renier quelques guitares surfs ou une ballade country à petit trot avec Gay Toughts. Entre temps un troisième guitariste complètement hagard est sorti d’on ne sait où, slidant et passant quelques solos les yeux dans le vide.

Sans grand discours, le courant est bien passé entre le jeune public de l’Atabal et le groupe qui a offert un concert marathon de deux heures pleines de générosité. Un rappel avec quelques vieux morceaux durant lequel Brooks Nielsen avouera à sa mère ses tendances psychotiques, à l’assistance qu’il a plein de qualité mais pas d’argent, et l’Atabal se vide dans la bonne humeur. Peut être que l’imper, enfin le trench coat quoi, sera à la mode cet été sur la côte, à même le maillot de bain.

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