Live ! Retour au Pingouin Alternatif

Dead Horse One et le Pingouin – Photo Facebook Le Pingouin Alternatif

Dimanche 30 Avril, pas loin de 21h, après une journée morose, Arthez de Béarn est plongé dans l’obscurité, trois gosses jouent avec leur portable dans un abri bus, des bribes de rap autotuné s’en échappent, le fond de l’air est frais, « le fond de l’air effraie », mais d’un coin de la place du Palais vient des discussions, des éclats de rire et de la musique live étouffée. Passons la porte du Pingouin Alternatif pour la libérer et trouver un peu de chaleur.

Le groupe en place est resté bloqué dans les années 50 et joue un rock’n’roll tranchant, ils ont de la bouteille mais se font vraisemblablement bien plaisir. La chanteuse, frangine parisienne de Poison Ivy blague en annonçant le prochain titre « Complainte du Pingouin désespéré », alors que ça doit parler de course de voitures ou de blouson noir. Maintenant une balade, elle sent plus le goudron mouillé que les sentiers de forêt, la tension persiste, à tout moment la promenade romantique peut dégénérer en bagarre au cran d’arrêt. Elle et ils sont les Chrome Reverse, font partie de ces groupes qui soucieux des codes, fringués comme l’As de Pique, matos vintage (mais vraiment vintage, à l’époque où tout et n’importe quoi l’est) et font honneur à les Dieux. Ils sont pas descendus dans le Béarn en Hot Road, mais le break Volvo customisé sur le parking est peut être le leur, et il est pas dégueu. Le patron donne droit au rappel, ça twiste en bas des marches.

Fini de rire, Dead Horse One n’est pas là pour ça. Après un bref hommage au Jurançon qui serait bien meilleur que leur Côte du Rhône, personne n’en doutait, le trio de la Drôme se met au travail, sculpte dans la pierre des pièces d’un psychédélisme sombre dans un déluge de décibels. Les paroles sont rares, la voix est loin et le décollage imminent, chaque morceau malgré leur lourdeur finit par s’envoler dans un fracas de guitare. Bougrement efficace, ce n’est pas pour rien que leur album Season of Mist a été produit par un ancien Ride. Présent en formation réduite, on pourrait bien les revoir au complet dans les prochains mois, avec des claviers et une deuxième guitare.

Alors forcement, après ça, les gars de Volage paraissent frêles. Mais ils le sont, et alors ? Chacun ses armes, chacun son charme. Celui de Volage réside dans de belles compositions pop comme Upset ou Coffee Dreamer, délicates et propres sur elles mais qui, à tout moment, peuvent montrer leur côté grunge, l’œil brillant se plaire dans des éclats sonores. L’assument-elles vraiment ? On sent un peu de retenue sur cette voie, du mal à se lâcher complétement comme sur le disque Heart Healing, mais cela ne nuit pas à la sincérité de la prestation. De même, le dernier single Spleen, plus lent, plombé, pourrait prendre plus  d’ampleur, une dimension plus sombre. C’est une reprise qui vient clore ce set, Approximately Queen Jane, un des plus beaux morceaux de Bob Dylan, plutôt bien interprété. Allez Volage, danse de tes deux pieds !

Beat Still Noise Us (Sébastien Tillous, batteur de L’Envoûtante) installe son matériel pour un live électro, mais il est temps de saluer le Pingouin, le remercier pour cette bonne soirée et redescendre la colline.

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