Live ! Gloria, The Madcaps au Pingouin Alternatif

Affiche par Rod & José

Dans le nord du Béarn, entre Arzacq et Orthez, il y Arthez perché en haut de sa colline, c’est logique, comme marabout, bout de ficelle. Une bourgade comme les autres sur laquelle il n’y aurait pas grand-chose à dire, si ce n’est que son Café des Sports s’est métamorphosé en Pingouin Alternatif et accueille désormais des concerts rock aux affiches aussi audacieuses qu’alléchantes et accessibles à tous. Celles là même qui se raréfient dans l’agglomération paloise voisine, où les belles salles de spectacles se multiplient en même temps que les programmations s’essoufflent. Mais c’est une autre histoire. Sous l’impulsion du patron des lieux, voici donc en ce samedi de février, Gloria et The Madcaps, deux groupes de Howlin’ Banana, le label qui monte, qui monte, et The Lookers, très bons garagistes de Ciboure.

Nous découvrons les lieux, c’est Gloria qui est sur scène, quelques marches en dessous du bar. Les trois demoiselles aux micros, claviers et tambourins sont en première ligne, tout ce qui possède un manche, barbe ou moustache en second rideau. Le concert a-t-il débuté, est-ce toujours les balances ? Voilà, ça commence. Ceux qui ont écouté leur premier album In Excelsis Stereo reconnaîtront Brain Dead, les autres le découvriront avec plaisir. Chaque morceau est comme une carte postale jaunie reçue des 60’s, une pop psychédélique aux courbes légères ondule dans l’atmosphère et Beam Me Up nous envoie au 7ème ciel. Les trois voix se superposent et ne partent jamais loin l’une de l’autre, c’est doux mais pas sans ampleur ni caractère, en d’autres termes, c’est un régal. Au cas où quelqu’un dans l’assemblée aurait dans l’idée de faire le mariole avec sa Cadillac, Ford Mustang voire Chevrolet, Gloria les calme avec une reprise de Hey Gyp de Donovan en forme de long jam majestueux qui bouclera le set. Pause.

Le barbu au poncho accoudé au comptoir, c’est pas le Clint Eastwood de Pour une poignée de Dollars, on est pas à El Paso, Texas, c’est le bassiste de Gloria, Kid Victrola. A El Paso, les patrons de bar n’offrent pas de merveilles aux clients. Ailleurs non plus. Dehors, on peut se restaurer d’une bonne galette complète, sûrement un hommage aux Rennais de The Madcaps qui prennent la suite pour un show bien plus sauvage qu’au Showcase à Pau il y a quelques mois. Le public descend les marches et se rapproche du groupe, on ne voit plus que la grande touffe du bassiste et la banane du chanteur à bretelles qui est surexcité, s’accroche aux plaques du plafond, pourrait tout arracher, mais finalement non. On est resté dans les 60’s, mais on a encore remonté le temps de quelques années, le son est plus sec et nerveux, on navigue entre le Swinging London et la Californie des Beach Boys sur Rainy Day, peut être que Thomas (le chanteur s’appelle Thomas) aurait finalement voulu être James Brown. On a aussi le droit de penser à Nino Ferrer et son chien Mirza quand le clavier est martelé frénétiquement, et ce n’est pas leur faire injure que de penser à tous ces gens. Ce n’est pas non plus un manque de personnalité, c’est de l’amour pour tout ce pan de culture pop. Un bout de batterie est déplacé au milieu du public, Thomas arpente le comptoir à quatre pattes tel une panthère, le titre Taco Truck vient conclure. Des Taco Trucks, on peut en trouver dans les rues de Los Angeles, c’est la variante mexicaine de la baraque à frites, en plus Hooot & Spicyyy, comme le fut ce concert.

C’est l’heure de s’excuser auprès de The Lookers, les basques montent leurs amplis dans les escaliers que nous nous retirons. Nul doute que leur set a dû défriser également. Moins de fantaisiste mais totalement efficace comme leur disque sorti récemment chez Mauvaise Foi Records. Voix éraillée, punk rock tranchant mais touchant à la Buzzcocks, c’est très bon.

La prochaine soirée au Pingouin Alternatif sera le samedi 4 mars et promet d’être encore un ton au dessus, avec la pop 60’s de Jo Wedin & Jean Felzine, l’indie rock des Londoniens de Wave Pictures et le rock psychédélique bien épais de Libido Fuzz.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *