Live ! Charles X & The Anonymous Choir à la Centrifugeuse

acLes fidèles de la Centrifugeuse se rappelaient encore de la voix à tomber de Nona Marie Invie lors ses passages avec le groupe Dark Dark Dark, qu’elle a délaissé un instant, pour regrouper autour de son piano un chœur de femmes, l’Anonymous Choir. Ensemble, elles reprennent les chansons de Leonard Cohen et lorsque la salle paloise les a programmées pour ce vendredi 9 décembre, personne ne pouvait se douter que le poète canadien viendrait à disparaître entre temps. Si l’événement a forcement boosté les entrées, il n’a pas pour autant transformé la soirée en hommage. Ce fut sobre, plutôt triste mais très beau. Si tout le monde connaissait Hallelujah, et sûrement plus au travers de la version de Jeff Buckley, ce n’était peut être pas le cas de titres comme I’m your Man ou le magnifique The Partisan et son lancinant « Oh the wind, the wind is blowing … » A travers la musique, on peut vivre pour toujours disait l’autre, espérons que celle là traverse les décennies. Un Daydreaming au bon souvenir de Dark Dark Dark, qui n’a pas à rougir de sa place dans cette setlist et les dames laissent la scène sans en rajouter.cx

Une première partie pour le souvenir, la suite sera plus tournée vers l’avenir avec Charles X, qui n’est pas roi de France mais bien petit prince de la Soul. L’atmosphère se réchauffe vite. S’il se réclame de Stevie Wonder, on sent comme un parfum de 80’s sur certain morceau, le clavier, la choriste, on pense à Prince. L’Angelino ne se sépare pas de son sourire jusqu’aux oreilles, le regard charmeur, il sait parler aux demoiselles des premiers rangs en faisant crooner au chant langoureux. Un message d’amour, de paix aussi. Mais le rythme aurait trop ralenti ? Alors il descend dans le public qui danse spontanément sur du hip-hop fluide et puissant. On pourrait reprocher des changements de tempos trop fréquents, des hésitations entre illustres anciens et appel des nouveaux sons mais son charisme et sa présence viennent submerger tout ça sous des flots de pur talent. A 25 ans il sort son troisième album en janvier 2017, l’avenir semble radieux de son côté. Barack Obama avait emprunté son « Yes We can » à Lee Dorsey, peut être que dans quelques années quelqu’un prendra « Can You do It » à Charles X.

Avec cette affiche, la Centrifugeuse aura démontré qu’on peut passer une belle soirée avec des gens qu’à priori tout oppose, sauf une aspiration à la paix et l’amour.

 

Les photos sont de Fabien Maigrat. Il sera de l’expo « Les Murs du Son » au  Showcase à Pau durant le mois de décembre.

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