Albums : VvvV & Duchess Says

En ce moi de novembre, nous vous présentons deux disques plein de synthés. A ne pas écouter pour regarder tomber les feuilles.

VvvV – S/T

(Detonic Recordings / A Tant Rêver Du Roi – 2016)

Une pochette terroriste, un nom carnivore, aller vers ce disque comporte des risques, comme s’approcher d’un chien qui montre les dents, et pourtant c’est un orgue d’église qui nous accueille quand on ouvre les portes. La messe donnée par ce duo bordelais sera synthétique, le lieu de culte un bâtiment industriel désaffecté, sûrement des Bassins à Flot pré-réhabilitation. Moins agressif qu’il n’y parait, VvvV flotte dans le noir, Your Life nous coupe du temps, le réveil est difficile mais Clean finit par danser dans les gravats, jusqu’à que Nation ne sonne l’alarme et martèle le sol comme une armée en marche. Planant ou entêtant mais nihiliste et froid comme le métal, un métal qui nous aimante, cette messe là captive alors qu’elle n’a rien de rassurante ou chaleureuse, les fidèles et les curieux sont comme sous hypnose. Au final, Alive semble être comme un levé de soleil synthétique, une lumière faible dans un matin gelé, mais c’est pas net. Mais c’est qui ces mecs, une secte ? Ils sont dangereux ? Enlevez votre cagoule !

Duchess Says – Sciences Nouvelles

(Slovenly Records 2016)

Pendant ce temps à Montréal, ce qui secoue les corps et vivifie les âmes, ce n’est pas tant le vent du Nord que le nouvel album de Duchess Says. Sciences Nouvelles est paradoxal puisque regorge de sonorités vintages, de bidouilles de laboratoires, bip d’oscillateurs où quelques autres instruments qu’on pourrait y trouver, tout ça pour donner un habillage synthétique très daté à la chose. Et puis il y a Annie Claude au chant, qui n’a rien d’artificielle elle, qu’on est ravi de retrouver quelques temps après le gigantesque album de son autre groupe, la tornade PyPy. Annie Claude, c’est une pure dose d’énergie punk, un chant mordant, cinglant, débordant de personnalité, qu’on retrouve principalement deux bombes, une qui vous explose immédiatement au visage, I Repeat Myself et ses claviers 80’s suivi d’une autre à retardement, Negative Thoughts, plein de colère étouffée, qui monte en pression jusqu’à ne plus pouvoir en tenir. Par la suite, quelques interludes viennent malheureusement casser le rythme et pourtant jusqu’à la voix d’outre tombe du final The Family Physicians, on retrouve ce cocktail inflammable de morgue, de tensions retenues et d’explosions à nos faces. Scientifiques ou pyromanes ?

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