Album : The Allah Las – Calico Review

(Mexican Summer – 2016)

Est-ce que si on reste trop longtemps dans le même endroit, on finit par s’y ennuyer ou devenir ennuyeux, que ce soit en Sibérie à Novossibirsk ou Los Angeles, Californie ? Cette ville, dont on ne voit pas où elle commence ni où elle se termine quand on y atterrit, finit-elle par perdre ses habitants par son gigantisme ? « I don’t know how can you find love in LA » chantaient Los Growlers dans leur titre Love Test, et les Allah-Las, angelinos revendiqués, qu’on avait adoré lors de leurs deux premiers albums, comment se fait-il qu’ils commencent à faner sur leur dernière livraison Calico Review ?
Les Allah-las, c’est du rock psychédélique californien, héritage des Byrds et des Seeds, allant presque jusqu’au cliché, le combi Volkswagen avec la planche de surf sur le toit, le soleil qui vous caresse le visage et se couche dans un ciel rougi, sur la plage avec des belles filles et des bières. Toute personne normale préférera ce tableau à vivre dans les égouts. Et pourtant il semblerait que la formule s’essouffle. On ne voit plus le tableau aussi clairement, on ressent de la lassitude, le groupe  a énormément tourné ces dernières années, mais aller de salles de concerts  en salles en concerts n’est pas voir le monde.
C’est dommage que renvoyant une telle image de liberté, ils s’enferment ainsi dans un style sans le faire évoluer sans se permettre de fantaisies. Merde, les gars, prenez vos planches et envolez vous vers l’Equateur, le Maroc ou Zanzibar, changez d’air ! Et puis il y a quoi au 200 South La Brea Avenue de si extraordinaire, un magasin de luminaire et une paire de ces bancs infâmes sur lesquels les sans-abris ne peuvent pas s’allonger, super. Et puis La Brea, c’est une de ces avenues qui coupent LA du Sud vers le Nord, comme La Cienaga ou Sepulveda. Vous traversez La Brea, vous roulez une demi-heure, et vous traversez encore La Brea, avec l’impression d’en être au même point.
On s’énerve, mais il y a quand même de belles choses sur ce disque, des petits bijoux vintage comme Famous Phone Figure, c’est juste dommage qu’il paraisse un peu vite fait, sans déborder d’inspiration ni d’enthousiasme. Et puis, il y a ce morceau magnifique sur la fin, Terra Ignota, terre inconnue en espagnol, voilà, c’est bien ce qu’on disait.

A noter que si quelqu’un doutait du bon goût musical des Allah-Las, ils tiennent une web radio qui est une très bonne adresse, Reverberation Radio.

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