October Live ! Part 1

En ce début de semaine, la Ferronnerie et la Centrifugeuse avaient programmé des concerts à des horaires inhabituels pour des artistes qui ne le sont pas moins. Ils ont des années de bourlingue derrière eux, en ont vu des vertes et des pas mûres, et là, ils ont traversé l’Atlantique pour nous, humbles palois.

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La prog de la Ferronnerie et toujours cet amour des noms bizarres.

Lundi 10 Octobre : Josef Van Wissem & It It Anita à la Ferronnerie

Si on le connaît pour la bande son de Only Lovers left Alive, sombre et magnifique romance vampirique signée Jim Jarmush, Josef Van Wissem et son luth baroque doivent avoir un passé plus lointain, son dark folk envoûtant n’a pas d’âge, on se dit qu’il aurait pu être un personnage de ce film, surtout les rares moments chantés où, regardant son public du coin de l’œil il dit que le soleil a sombré dans l’obscurité. New York où réside le Néerlandais s’appelait d’abord la Nouvelle Amsterdam, et peut être que certaines nuits, il ne faut pas croisé l’homme au long manteau de cuir dans ses ruelles. C’était un moment de quasi-recueillement, où public assis sur les tapis persans élimés ne voulaient pas perdre la moindre note, comme si toute notion de temps et d’espace avait disparu.

Retour à la Ferronnerie le 10 octobre 2016 avec It It Anita, la noise reprend ses droits, un déluge de décibel suit le silence religieux, malgré quelque passage atmosphérique, les belges déclenchent une fureur digne de At the Drive In, et Wahouwww !!! Ça déménage, dans tous les sens du terme. un disque est à venir chez leur hôte du soir, le label A Tant Rêver du Roi, la pochette est un bel hommage aux travailleurs du bois.

Le live report des Waykoppains.

Mardi 11 Octobre : Slim Cessna’s Auto Club & Stop II à la Centrifugeuse

Le duo Stop II semble avoir fait la route depuis Bordeaux en batteuse, c’est d’avoir fait cet effort en pleine récolte de maïs. Deux guitares, une voix grasse, une washboard, la gamelle du chien et un cul de cafetière en guise de percussions et c’est parti pour une ribambelle de morceaux country trash n’excédant pas les deux minutes. « Celle là, elle parle de quand on s’endort avec les chaussures. »

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C’était une bonne introduction pour le plat de résistance, venu du fin fond du Colorado, le Slim Cessna’s Auto Club. Il y a depuis le début une guitare installée sur un coin de la scène avec un portait du Christ collé dessus qui se change en Vierge Marie selon l’angle de vue. La religion semble être un sujet récurrent de leurs textes, ils sont clairement possédés mais on ne sait par qui, yeux grand ouverts fixant l’infini, bras ouverts le ciel, quelque chose à se raccrocher quand l’esprit est tiraillé dans tous les sens. Un grand barbu à Stetson a des allures de prêcheur, loin de son église en bois, salue le public ou s’assoie sur les retours et se décoiffe comme harassé par la tension, puis tombe à genoux quand elle se relâche. Son compère au visage blanc comme linge et tout de noir vêtu est inquiétant, on dirait une créature de science fiction, mais il est bel et bien vivant et fait la danse du robot rouillé ou du sioux perclus de rhumatisme devant nous, à moins qu’il ne soit pris de convulsions. Derrière le groupe assure le tempo, avec banjo et contrebasse, on peut penser au Gun Club pour la tension, les Sixteen Horsepower, dont l’homme au chapeau fut un compagnon de route, pour la rencontre des cultures country et alternative. A-t-on déjà vu autant de passion, un groupe autant habité par sa musique sur ces planches ? On finit en paix avec un gospel, les quelques personnes ayant fait le déplacement auront le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de rare, les autres ont eu tort, ils ne sauront jamais à quel point.

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