Festival : un samedi soir à Baleapop à Saint Jean de Luz

La découverte du Baleapop l’été dernier aurait été toute à fait charmante si elle n’avait pas été accompagnée du crachin luzien, qui se mua vite en pluie battante sûrement la faute à la guitare désenchantée de Jessica 93. Et puis un festival où on vous donne le verre en plastique à la vérification des billets mérite une deuxième chance, c’est pas pour la valeur marchande du gobelet, non, mais parce que c’est gentil, qu’on se sent le bienvenu, que ce geste qui peut paraitre pas grand chose personne ne le fait, et puis ça en dit long sur l’état d’esprit du truc. Ici, on est cool. Plus cool, ton cœur s’arrête de battre.

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JC Satan assis et amoureux – Photo Alain Cazenave pour Bones & Glory

Dans l’aprem, les festivités organisées par le collectif Moï Moï avaient débuté à Cenitz, une belle plage entourée de rochers à Guéthary, mais on a depuis belle lurette passé l’âge de se choper une insolation en dansant dans le sable sur de l’électro. Alors rendez vous à Saint Jean de Luz, au parc Duconténia, il est ouvert mais la cabane pour acheter les jetons est encore fermée et personne ne s’affole, ils sont cools ici. Il y a de beaux arbres, qui ont du voir du beau monde se promener sous leur ombrage, bien avant ces gens en Vans. Mais voici qu’un duo guitare / machine ouvre le bal, c’est la pop vaporeuse de Lumi. Rarement le basque n’aura été aussi doux qu’en sortant de la bouche de la demoiselle, alors que de la machine coule l’eau de la fontaine sur Haritza. Au dessus d’eux, la brise balance en rythme deux gros ballons accrochés aux pointes du petit chapiteau rouge. Et c’est Erromantikoarena, ballade mélancolique sous un feu d’artifice électronique. Charmant. Cool.

Sans transition, on monte et descend (pas grand chose n’est plat là-bas) vers le grand amphithéâtre pour JC Satan. Dire que JC Satan est le  legroupe plus cool du monde n’est pas faux, mais ça serait un abus de langage. Pour qui les a vu tout détruire à Bordeaux, Luxey, Donostia ou ailleurs sur la planète, rendre les gens fous dès la première note de leur concert, non c’est pas cool, c’est dantesque, enivrant, chaotique, mais ce soir au Baleapop, non JC Satan sera cool, assis et so in love. Des fleurs ont grimpé le long de leur logo derrière la batterie, symbole d’une pureté retrouvée. Car oui, ils sèment la terreur partout où ils passent alors qu’ils possèdent un vrai talent pop, leurs disques en atteste, plein de ces ballades ivres, en équilibre sur un mur, pouvant basculer à tout moment dans le vide. Alors allons y pour la Love Session, ils remontent à des vieux titres comme Your Place, font bien attention de ne pas trop s’emballer sur I Will Kill You Tonight, oui, ils ont un rapport particulier avec l’amour, un bisou dans le cou, un coup de hache dans le dos. Un cuivre, un violon et Waiting for You (un autre extrait de leur dernier album) atteint des sommets d’une intensité éblouissante, ils sont toujours assis, alternant ballades et pop entêtante, les gens dansent, amoureux, on est ensemble mais c’est fini . Comme un amour de vacances, on est fin août, il faut bien se quitter,  mais reste le bon souvenir.

En contrebas, les bénévoles ne chôment pas à la restauration, on sert des bières, des burgers, les produits sont locaux. Un DJ fait danser la foule. Les ordinateurs ont pris le pouvoir. Là une performance, un skateur sur une rampe et le bruit des roues sur les planches de bois sont utilisés par un DJ qui joue par dessus, au théâtre de verdure Shackleton a son Apple plein de beat techno et de peuplades indigènes. Ailleurs, dans le parc, les gens profitent de l’ambiance générale, se font des photos devant la pancarte « Ici, tu peux pécho !! », discutent sous des lustres digne de salles de bal accrochés aux branches, c’est aussi ça un festival …

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