Album : The Coathangers – Nosebleed Weekend

Suicide Squeeze 2016

Si l’on devait ressusciter en l’objet de son choix, peu de gens choisiraient le porte manteau. Certes, son utilité est indiscutable mais peu valorisée, il passe son existence dans l’obscurité à porter sur ses épaules des fringues reléguées au fond du placard. Il subit en silence, toujours. L’exact opposé du groupe qui a choisi de s’appeler The Coathangers (les portes manteau en anglais). A la croisée des sous-genre, jamais vraiment punk ni vraiment garage, les demoiselles tatouées en sont à une décennie d’existence et sortaient ce printemps leur quatrième album Nosebleed Weekend.

 Un album avec moins de furie, un production plus fine, des évolutions légitimes quand un groupe avance dans le temps, mais avec la même recette de base. Deux visages opposés qui se montrent puis se cachent, deux voix qui alternent, une charmeuse et vénéneuse, l’autre érayée et râpeuse. En témoignent les morceaux qui ouvrent le disque, Perfume une douce ballade rock, Dumb Baby qui élève le tempo, distribue quelques mandales sans trop forcer et ouvre la porte au psychotique Squeeki Tiki et son riff de jouet pour chien qui couine en boucle, prenant un malin plaisir à déranger son monde. Et on repart sur un titre brumeux. Elles ont toujours un truc à clarifier avec un mec. Nouveauté avec Nosebleed Weekend, un rythme ralenti, un gros refrain en chœur, les voix ensemble plutôt qu’en alternance.

Vous l’avez compris avec elles, les choses ne restent pas en l’état longtemps, on évolue vite d’une émotion à un autre, de l’expectative à l’excitation, les brumes qui envahissent des fois l’esprit se dispersent vite. Bipolaire les Coathangers ? Non, un disque peut être moins insouciant que les précédents, mais un disque qui vie.

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