Live ! Black Lips & Radiator à l’Atabal

Il fait beau sur la côté Basque en cette fin de dimanche après midi, les gens profitent des derniers rayons de soleil du weekend et boivent des bières sur la pelouse devant l’Atabal, très belle salle de concert après la gare à Biarritz. Dedans, le duo guitare batterie nommé Radiator remplit la salle de décibels à la Ty Segall ou Kurt Vile, mais on dit peut être ça à cause de la coupe de cheveux de Mr Botibol, ici présent à la guitare. On l’avait vu il y a peut en solo au Café Boissec, dans un folk sympa mais mal réveillé, un peu pantouflard. Là, c’est électrique, dynamique, brut, bruyant, dans le vif du sujet.

Black Lips à l'Atabal - Photo Alain Cazenave pour Bones & Glory

Black Lips à l’Atabal – Photo Alain Cazenave pour Bones & Glory

Flashback d’environ 10 ans : Nous sommes trente personnes selon les organisateurs dans l’Ampli, aux anciens abattoirs de Billère. Il y a un plateau de groupes punk / garage qui jouent, on s’ennuie un peu mais les derniers à passer, des jeunes blanc becs du Deep South font danser tout le monde dès le premier accord de guitare. Ils sont crados, se crachent des bières à la face, le guitariste slide avec un pichet qu’il fracasse ensuite dans un grand sourire bête, mais ils ont un sacré sens du morceau imparable, c’est les Black Lips et ils vont très vite arrêter de faire ce genre de date. Voilà, pour une fois qu’on a vu un groupe connu avant qu’il le soit, il convenait de le faire savoir.

Retour à l’Atabal, et sans surprise, c’est les Black Lips que les jeunes gens les plus cools du BAB sont venus voir ce soir. Une musique de péplum, un Beuuuuuaaaaaaahhhhh pour un bonjour en forme de dégueulé, le public revient doucement de la clope que les Américains ont déjà torché un Sea of Blasphemy des plus crus. La mayonnaise prend vite, même s’ils doivent préférer la sauce BBQ, à coup de morceaux sautillants et ça remue joyeusement de la scène. C’est un cœur pop enrobé de crasse, mélange de terre et de cambouis, d’ailleurs quand les Beatles chantaient « I want to hold your hand » eux braillent tous en chœur « Do you really want to hold my dirty haaaand ? » Puis le rythme ralenti, devient lourd, humide et poisseux pour Boys in the Wood qui prend aux trippes. Vient vite après Hippie, Hippie, Hooray ! Une reprise de Jacques Dutronc inquiétante avec ses cris hallucinés. Au fil des années, les Black Lips ont multiplié ces titres psychotiques mais ils ont privilégié les plus entêtants dans leur setlist du soir, Drugs en est le plus bel exemple et ça remue et ça transpire de plus belle devant. En guise de décor, l’homme au physique sphérique qui se tient derrière le groupe défait des packs de PQ et jette les rouleaux qui viennent de préférence s’enrouler autour des manches de guitares et des pieds de micros avant continuer leur vol vers le public. Mais il ne sert pas qu’à ça, lorsqu’un intrus monte sur scène, un signe du petit doigt et il descend, c’est un bel exemple de force dissuasive se dit-on, mais quand c’est une grappe de messieurs et de mesdemoiselles, il ne peut plus rien, et c’est pas grave parce que le titre Bad Kids est à propos et que ça ne les perturbe pas le moins du monde, ils ont vu pire. Si ce n’est pas déjà fait, il faut voir cette vidéo dans les rues de Tijuana. Faudrait juste dégager le mec qui fait des selfies.

10 ans après, les Black Lips sont encore jeunes et pour de longtemps encore. Ils aiment toujours autant passer pour des gros rednecks, s’adressant au public avec l’accent le plus dégueulasse possible. Le batteur avait une coupe au bol, le guitariste un gilet en cuir, et la police du mauvais goût a laissé filer.

Plus de photos de concerts de la Côte Basque chez Bones & Glory.

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