Rencontre avec Scarecrow au Showcase à Pau

« Qui était là il y a deux ans ? Qui était là il y a trois ans ? Qui était là il y a quatre ans ? » Jamo le bassiste de Scarecrow compte les fidèles et salue les nouveaux venus. Ce mercredi soir, les Toulousains venaient inonder une fois de plus le Showcase de leur groove impeccable, alliance parfaite du Blues et du Hip-Hop, et le public avait une nouvelle fois répondu présent.

Scarecrow au complet - Photo Laurent Sabathé

Scarecrow au complet – Photo Laurent Sabathé

Avant le concert, Slim Paul le chanteur guitariste et Lorenzo le batteur ont eu la gentillesse de répondre à quelques questions …

W&B : On vous voit souvent dans le coin, Showcase, l’Eté à Pau, le Bizeou à Arboucave, encore le Showcase, c’est parce que vous êtes amoureux de la région ou juste parce qu’on est à côté de Toulouse ?

Slim Paul : L’histoire a commencé ici, on avait joué ici il y a quatre ans alors que le groupe n’avait pas beaucoup d’expérience et Eric (le patron du Showcase) nous a fait confiance, il avait fait venir du monde et le concert s’était super bien passé. On est resté en contact, on a sympathisé et quand on passe dans le coin, il est jamais loin derrière.

Au début on jouait toujours dans les mêmes bars à Toulouse et puis on a cherché à agrandir le rayon en faisant des petits festivals aux alentours et c’est vrai que ça a bien accroché du côté de Pau. Tu parlais de l’Eté à Pau, on devait jouer avec Malted Milk en plein air, et puis comme il pleuvait, ça c’était fait dans un hall d’exposition blindé de monde, c’est un super souvenir.

Et donc depuis, à chaque fois qu’on fait une tournée, on est content de revenir ici.

W&B : Mais ces dernières semaines vous avez vu un peu plus de pays, Austin, Texas à l’Ouest, Berlin à l’Est. Qu’est ce que vous retiendrez de ces dates ?

Slim Paul : Ouais, si on prend sur un an, on est allé de Bangkok jusqu’à San Antonio …

"Oh Lord" Slim Paul - Photo Laurent Sabathé

« Oh Lord » Slim Paul – Photo Laurent Sabathé

W&B : Vous avez vu Tony Parker ?

Lorenzo : Oui on a vu TP ! On est allé voir les Spurs contre les Chicago Bulls !

Slim Paul : On a fait quinze jours aux Etats Unis …

Lorenzo : On a fait le South by South West à Austin, un festival qui brasse énormément de groupes de tout style. On s’y est bien senti, cool, on a fait de belles scènes. Sur deux ou trois longues avenues, ça joue partout dans les bars, sur les toits, même si c’est pas obligatoirement le but, c’est pas évident de se faire remarquer …

Slim Paul : Mais on s’est fait remarquer …

Lorenzo : Oui on s’est fait remarquer ! Et ça nous a touché, parce que le blues et le hip-hop, c’est deux musiques de là-bas, jouées par des frenchies, on savait pas comment ça allait être pris, et on a été bien accueilli à Austin, on a vu comment ça se passait là-bas, on a vu une belle ouverture d’esprit qui nous a beaucoup plu.

W&B : Et donc c’est le coup de cœur de votre tournée ?

Slim Paul : Non pas forcement, on a vu de belle chose ailleurs, le coup de cœur se porte sur toute la tournée, on a découvert la Nouvelle Orléans où la musique qu’on joue à un bout de ses racines, on est allé en Thaïlande dans un des plus gros festival d’Asie. On prend les dates comme elles viennent, on a de la chance de faire autant de bornes, là en juin retourne aux States, on va jouer à New York, puis on va faire les Francofolies de Montréal.

W&B : Donc ça marche pour vous …

Slim Paul : Ça marche pour nous.

W&B : Si on revient maintenant aux origines, c’est quoi la recette du Hip-Hop Blues ?

 Slim Paul : Tu crois qu’on va te la donner ?

W&B : Alleeeeeez ! Du coup comment c’est né, certains sont venus du hip-hop, d’autres du blues et vous avez joué ensemble ?

Slim Paul : Oui c’est un peu ça.

Lorenzo : Mais ça que ce soit très calculé, chacun vient avec son bagage dans le projet et c’est l’achimie. Mais ça vient d’abord du blues de Slim Paul et d’Antibiotik Daw qui scratche et rappe en français alors que Paul chante en anglais. Ça part souvent de Slim qui apporte un riddim qui est tourné en sample blues et à nous de mettre en place les autres éléments autour. Ça peut aussi partir d’un texte, et puis quand il y a une bonne base, chacun participe et amène son petit truc.

Scarecrow3W&B : Et sur votre nouvel album à venir, comment est-ce que vous évoluez ?

Slim Paul : Il est toujours Blues Hip-Hop, mais on s’est permis des petits trucs, des écarts tant dans le fond que dans la forme. On a des morceaux très particuliers qu’on se serait pas permis de faire il y a quelques années parce qu’on est en confiance et qu’on se connaît. On varie les atmosphères, on veut pas s’enfermer, on veut être les premiers à se surprendre.

W&B : Vous allez jouer de nouveaux morceaux ce soir ?

Slim Paul : Oui bien sûr ! On les joue depuis le début de notre tournée en février, ça fait beaucoup de nouveaux titres rentrés d’un coup, qu’on mélange aux anciens en gardant une certains cohérence, c’est nouveau pour nous, et c’est super, ça permet de surprendre le spectateur.

W&B : Toulouse bientôt ?

Lorenzo : Oui, le 26 mai, c’est une jolie date qui nous attend, au Bikini, une belle salle, ça sera avec les Mountain Men.

W&B : Et ce nouvel album s’appelle The Last, c’est pas le dernier quand même ?

Slim Paul : C’est le dernier oui.

W&B : Oui le dernier en date …

Slim Paul : C’est le dernier (sourire en coin)

Une heure et demi après, Slim Paul ouvrait en solo et les néophytes pouvaient faire connaissance avec sa voix. Puis le groupe entier transformait le Showcase en fournaise, le flow répond à la slide, les morceaux s’enchaînent et s’allongent, on note un blues poisseux et poissard, des samples plus riches, une basse funky plus présente. Quelques nouveaux ingrédients rajoutés par pincées dans cette recette bien huilée du Blues Hip-Hop.

Plus de Blues Hip-Hop sur le site officiel de Scarecrow.

Plus de photos de Laurent Sabathé.

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