Album : Kevin Morby – Singing Saw

Dead Oceans 2016

Les routes des États Unis regorgent de ces artistes qui oscillent entre folk et rock bien au delà de tout effet de mode. Certains pour la gloire, la postérité d’autres pour un culte restreint post-mortem, beaucoup pour l’anonymat, certains sortent du bois à un moment donné, ils ont peut être déjà dix albums à leur actif, peut que c’est leur premier. Le texan Kevin Morby n’est pas vieux mais a déjà bien roulé sa bosse, de bleds du midwest à l’effervescence de New York, aujourd’hui, il habite dans un canyon de Los Angeles, plus paisible, on l’imagine paresser des heures dans une pièce baignée par le soleil, à travers de grandes fenêtres.

Sur ce troisième album Singing Saw, sa voix doucement indolente vient charmer l’auditeur, le berce en prenant soin de le garder éveiller, un état si plaisant. Ses chansons toutes simples d’apparence sont finalement bien orchestrées, un violon par là, des cuivres par ici, des chœurs féminins qui viennent magnifier l’instant. C’est simple dans le sens efficace, sans flonflon superflu. Mais il se pourrait bien que notre homme soit un faux calme, qui serait bien capable de surprendre, de s’embarquer dans quelques aventures sans crier gare, comme dans un I have been to the Mountain hommage à Eric Gardner, victime d’une bavure de la NYPD en 2014. Si ces quelques titres sont tout personnel, on sent deux influences majeures, le Velvet Underground, cette rythmique en scie sauteuse plus que chantante qui fait avancer un Dorothy entêtant, le morceau le plus rock de l’album. Et puis Bob Dylan, pas celui des misérables de la Grande Dépression, on voit bien Kevin Morby ronronner à l’écoute de Vision of Johanna.

C’est le très bon label Dead Oceans qui a fait croiser nos chemins. Nous sommes ravi de cette rencontre, peut être nous reverrons nous un jour.

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