Album : Kula Shaker – K2.0

Strange Folk 2016

C’est un groupe rare qui a 20 ans cette année et sort seulement son cinquième album, que quelques fidèles attendaient de pied ferme. Kula Shaker est né à Londres en pleine effervescence Britpop, fut immédiatement assimilé au mouvement, dans le ventre mou d’un championnat qui n’était pas le sien et dont on a aujourd’hui oublié la plupart des participants. Mais pas eux. Eux regardaient plus vers l’Inde que vers Wembley, vénéraient Tattva et rendaient hommage à Jerry Garcia du Grateful Dead, le cadet des soucis des frères Gallagher. En 2010, ils refaisaient surface le temps de Pilgrims Progress, un grand album de pop élégante et folk lumineux. En 2016, voici K2.0. Le terme 2.0 est généralement utilisé pour une version moderne d’une première, mais pas forcément mieux. Ici, peut être faut il comprendre 20 ans après K, le nom de leur premier album. Mais qu’est ce qu’on en sait.

K2.0 débute près du soleil, par une procession au son d’un sitar, la voix est grave et recueillie avant de se libérer avec un ch-ch-changes comme une allusion à feu David Bowie. « Everything she touches is changing », Infinite Sun, ce premier morceau, est d’une beauté éclatante. Et puis, rempli d’allégresse, le groupe annonce la mort de la démocratie, accompagnée de « Lalala » sortis de festivités païennes. S’en suivent des compositions subtiles, délicates mais libres et faussement fragiles , elles se lancent dans des envolées électriques à la moindre occasion comme le fait Here comes my Demons. Un titre se fait plus enchanteur que les autres mais les 33 Crows au milieu de la route sont un mauvais présage dans ce folk à cœur ouvert. Les émotions dans la voix de Crispian Mills sont toujours aussi palpables et communicatives. Et puis il y a quelque chose qui sépare le psychédélisme américain, souvent sombre et lourd à celui des anglais, c’est le bel héritage pop des Beatles ou des Kinks, cet amour des mélodies bienveillantes. Il suffit de dire ça, et après Hari Bol, une prière à Vishnu, le groupe revient à ses premiers amours, les jams électriques à tendances funkoïdales, qui jurent un peu par rapport au début du disque, mais finalement, sous leur apparence un peu lourde, ils ne manquent pas de souplesse.

Six ans après Pilgrims Progress, il ressort la même magie de K2.0. On s’habitue trop à la médiocrité du vite fait. Les belles choses sont rares.

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