Aragon : Au delà du Pourtalet

Un col est un passage au sommet d’un relief, qui bascule d’un versant vers un autre. Au pied du Pic du Midi d’Ossau, le col du Pourtalet est un endroit connu des Béarnais, ils y achètent des cartouches de clopes, des cartons de Ricard et du chorizo dans les ventas, puisqu’il marque la frontière avec l’Espagne. Mais combien ont eu la curiosité d’aller voir ce qu’il avait de l’autre côté ? De l’autre côté, il y a Formigal où on peut skier à un tarif exorbitant. Mais encore au-delà ?

Lanuza, dos aux Pyrénées le 16/04/2016 - Photo JB pour W&B

Lanuza, dos aux Pyrénées – Photo JB pour W&B

Il y a deux lacs qui se suivent, des barrages hydro-électriques sur le rio Gallego, l’embalse de Lanuza et l’embalse de Bulbal longés par la route 136. Mais puisque on a le temps, on va les contourner par l’autre côté, des chemins de campagne qui n’ont pas de numéro et qu’on prend dans le village de Formigal. Ils serpentent entre des murs de pierres et des piquets de clôtures qui délimitent des champs d’herbe grasse. On passe Sallent de Gallego direction Lanuza. Deux vieux sommiers rouillés côte à côte servent d’entrée de champ. Il y a du matériel agricole d’un autre siècle éparpillé le long de la route, une tonne, une herse. En contre-bas, le petit village aux bâtisses massives et aux rues étroites. Comme pour les bourgs précédents, les constructions sont faites d’une pierre sombre qui ne présentent aucun trace d’usure, tout a l’air neuf. Dans un style ancien, mais neuf. Dans les années 2000, l’agrandissement de la station de ski plus haut a amené beaucoup de constructions et de rénovations dans le coin. On est à mi-saison, le printemps est avancé, Lanuza est désert, mais neuf et propre. On dirait que les gens sont partis dans la matinée. Au bord du lac, il y a des jeux pour les enfants, le soleil scintille sur les eaux paisibles, il n’y a aucun bruit et on ne s’étonnerait pas de voir la balançoire aller encore de l’arrière vers l’avant. L’impression est étrange. En fait, l’ancien village dort sous les eaux du barrage depuis 1975 et il a été rebâti un peu plus haut. On quitte l’endroit avant l’arrivée des premiers zombies, ne pas oublier de regarder derrière soit, la vue des villages traversés adossés aux Pyrénées  imposantes, le lac au premier plan, carte postale.

On reprend la route principale qu’on requitte déjà vers Pueyo de Jaca, qui fait la sieste sous ses ombrages, la route longe un deuxième lac, derrière les prairies de boutons d’or,  il y a des peupliers les racines dans l’eau, c’est tout à fait charmant. Puis un lacet, un deuxième, ils s’enchaînent  à fond de seconde vitesse, il n’y a pas de place pour une voiture qui arriverait en face, la montée est abrupte, le goudron devient ciment, attention la route n’est pas entretenue l’hiver, puis la récompense, le mirador de Hoz de Jaca. Accrochée à la corniche, une cage en fer surplombe tout le lac. Face à vous, tout un panorama sur les monts entourant la vallée du Gallego, sous vos pieds, des centaines de mètres plus bas, les eaux bleues vertes de l’embalse de Bulbal. Vous n’avez pas payé d’entrée mais profitez du paysage, inspirez l’air pur à plein poumon et prenez votre temps, c’est dimanche et il n’y a pas la queue derrière vous.

Voilà, vous étiez 20 kilomètres après la venta Sancho et vous avez même pas eu à marcher.

 

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