A la découverte de Képa, One Bluesman Band

Photo Marine Jorda

Photo Marine Jorda

A-t-il vendu son âme à un diable rencontré sous les arcades de la rue des Cordeliers à Bayonne ou bien est-ce contre un tibia, deux chevilles et le reste que Képa a obtenu son jeu de guitare ? Skateur pro dès sa tendre adolescence, c’est suite à une méchante blessure que Bastien Duverdier alias Képa empoigna une guitare, et loin de donner dans le punk mélodique, souvent associé à sa discipline, c’est le blues qu’il embrasse. Et comme le bonhomme est un rapide, c’est très vite qu’il enregistre et donne des concerts en One Man Band par ci par là.

Son style, faut jeter une oreille à Low Low Wind son dernier album, aller le voir dans un troquet ou en première partie de Gregory Porter à l’Olympia (comment s’est-il retrouvé là ?) pour le capter, dynamique, les épaules en mouvement, l’harmonica danse sur la guitare slide et il crie ou raconte des histoires avec une certaine exubérance. Voilà, c’est pas le blues de branleur de manche qui fait le plus de notes possible en se prenant pour Eric Clapton, c’est simple en apparence, vivant, entêtant et un peu fou, comme celui que faisant les pionniers en longeant le Mississipi dans leur chariot. Poussiéreux mais déridé. Un peu comme pour le folk, ce qui rend un artiste digne d’intérêt ou pas, c’est une personnalité et une implication sincère. Et là, Képa a tout juste, il est de ceux qui savent provoquer les choses avec l’air de ne pas y toucher, cette facilité un peu énervante pour les laborieux, il nous ferait presque croire qu’il a trouvé cet harmonica dans la poubelle en bas de chez lui, qu’il y a soufflé dedans et que, oui, en fait il savait en jouer.

Il fallait le voir au Bondi Beach à Pau en plein carnaval béarnais dans un coin du bar rempli de types déguisés en ours et de meufs en chasseurs, tous saouls, il chantait des poèmes de Charles Bukowski, tout aurait pu chavirer qu’il en aurait pas perdu son flegme dans cette nuit sulfureuse. Plus tard ce mois d’Avril, le voilà au Red Lion lors des tremplins Discoverse, il passe en dernier après le très bon hip-hop de L’Envoûtante, sourie, crie, fait mille grimaces et transpire de sous le bonnet. Il se fout de sa propre gueule, l’auto-dérision des gens qui ne se prennent pas trop au sérieux.

En haut du manche de chacune de ses guitares (deux, pas cinquante, hein) est suspendu un ballon gonflé à l’hélium, un ballon noir avec dessus un smiley qui rit jaune. Parce que si son blues ne porte pas toute la misère du monde, ça reste du blues quand même …

Képa sans bonnet au Red Lion -photo Alexia Zoé Pebosq pour Discoverse

Képa sans bonnet au Red Lion -photo Alexia Zoé Pebosq pour Discoverse

Ecouter Képa sur son Bandcamp.

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