Live ! Bachar Mar-Khalifé & Mbongwana Star à la Centrifugeuse

Le 24 Mars 2016, Bachar Mar-Khalifé

bachar mar-khalife

Qui a déjà vu le parking de la Centrifugeuse aussi rempli à 20h55 ? Qu’est ce qu’il se passe, un congrès des anciens de la FAC de Science dans un bâtiment voisin ? Non non, il semblerait que Bachar Mar-Khalifé, l’artiste du soir ait eu une belle couverture médiatique sur  France Inter, Radio Nova, NRJ12 … euh non pas NRJ12, et tant mieux pour lui. C’est vrai que sur le papier, c’est plutôt tentant, fils d’une icône de la musique libanaise, diplômé du conservatoire de Paris en piano, il mêle jazz, électro à des influences arabisantes, comme un vent de liberté venu d’une région qui meurt sous les bombes, soufflé par un homme qui a fuit son pays en guerre tout enfant. La salle est donc pleine des professeurs de la FAC, des abonnés à Courrier International et des adhérents d’Amnesty de l’agglo paloise.

Le concert débute par des compositions calmes, Bachar Mar-Khalifé est accompagné d’un bassiste et d’un batteur, il est dos au public, face à son piano classique, une main s’échappant sur un synthé de temps à autre, il s’arrête sur un enchainement de notes, qu’il reprend de longues minutes avant de se lever, de venir parler doucement à l’assistance, toujours avec une pointe d’humour, juste un zeste et beaucoup de bienveillance. L’ambiance est plutôt feutrée, à vrai dire, comme dans un concert de jazz. Et puis sa voix envolée jusque là devient basse, Bonjour Bonsoir, bienvenue sur Balcoon et ses accent dub moelleux et tout à faire paisible. On tire les rideaux et baisse la lumière, Bachar Mar-Khalifé murmure des choses toujours en arabe, des mots érotiques dit-il, dan un morceau tout en tension qui va crescendo en intensité, c’est Laya Yabnaya et c’est magnifique. Le public qui a été très réceptif et enthousiaste jusque là s’enflamme quand débute Lemon, rengaine électro entêtante, aux épices d’orient. Le groupe qui la scène, puis revient et reprend le morceau où il l’avait laissé avant de repartir pour de bon, avec un joli triomphe dans les poches. « Salam Aleykoum, ça veut dire Que la Paix soit avec Vous, c’est pas plus grave que ça. »

Plus de photos de Tonio Modio sur son site.

 

Le 31 Mars 2016, Mbongwana Star

La musique, Coco Ngambali et Theo Nzonza ne l’ont pas apprise au conservatoire de Paris, mais dans les rues de Kinshasa, déjà cloués sur un fauteuil roulant par une sale polio. Ils ont connu le succès dans l’hexagone avec leur groupe précédent le Staff Benda Bilili et les revoilà aujourd’hui sur le devant de la scène avec de nouveaux musiciens, une nouvelle formation, le Mbongwana Star, et surtout un nouveau style. Lequel des deux est déguisé en Ewok bionique devant nos yeux, on ne saurait vous le dire.

La présentation du groupe sur le livret de la Centrifugeuse annonçait quelque chose comme la rencontre des sons traditionnels et de l’industrie spatiale, qui allait vraiment faire de l’Afrique le continent du troisième millénaire. L’impressionnant clip de Kala laissait attendre des danses de ouf et un méchant beat à la Prodigy. Il ne se passera rien de tout ça. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé. C’est une formule simple, efficace de rythmes tropicaux pour le groove et de guitare électrique carrément rock pour épaissir, ce vent chaud amène avec lui tout un ensemble vocal qui s’étire, se perd en écho ou au contraire mitraille des incantations. Jusqu’à quatre voix qui peuvent partir dans des directions opposées ou au contraire ne faire d’une. Cela donne une dimension psychédélique à la chose, les boucles musicales et vocales entêtantes deviennent insistantes, Coco Ngambali et Theo Nzonza s’agitent sur leur trône et le public finalement nombreux n’a d’autre choix que de danser lui aussi.

 

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