San Francisco : Hippie Hill !

On leur avait bien dit qu’il se passait quelque chose dans l’immense Golden Gate Park ce dimanche, un remake du Summer of Love, à Hippie Hill. En fin d’après midi, après quelques ballades plus gentiment touristiques, Calmence, Rascal et Jurien arrivent par l’entrée nord, croisant toute une foule rentrant du camping, parasol sur le bras, glacière à la main, sac sur les épaules, toutes communautés présentées, un point en commun, de petits yeux rougis. Ils sont défoncés, stones. Hippie Hill est en fait le Smoking Day, le jour où c’est permis, non pas que les autres ce soit vraiment interdit.

C'est pas San Francisco plage, c'est Hppie Hill - photo Jack Rikess pour SF Evergreen

C’est pas San Francisco plage, c’est Hppie Hill – photo Jack Rikess pour SF Evergreen

Plus ils s’enfoncent dans le parc, plus la foule s’intensifie, en contrebas, sous des branches, un mec bidouille de la house pour deux autres qui dansent. Et passant l’académie des sciences, un musée botanique, ils arrivent sur le lieu, un barbecue géant dans une clairière, des mecs font cuire des saucisses pour les hotdogs, d’autres vendent les spliffs d’un gabarit généreux, une dame vend des cookies et de la glace aromatisée, vous commencez à deviner à quoi. Des basses puissantes sortent de sound systems hip hop – ragga. Un vieux rasta a un étal avec tout ce qui peut être à l’effigie de Bob Marley.  Des disciples d’un Dieu New Age recherchent des fidèles. Mais la population est pas vraiment hippie, c’est majoritairement afro et latino, casquette visée sur le crâne et capuche par-dessus. L’ambiance est tranquille, bon enfant. On dirait une gigantesque fête des voisins. Ou une fête des écoles sans les enfants. Ou un marché bio, mais moins.

Impossible de trouver une bière, les trois intrus s’assoient un peu à l’écart, dans le rond central de ce qui semble être un terrain de foot, pour admirer le spectacle. Une voisine vient leur dire qu’elle est contente de les voir et c’est génial de revenir en enfance alors que sa copine s’écrase au sol en retentant des mouvements de majorette qu’elle réussissait peut être au lycée, alors que le baton manque de se planter dans son œil droit en retombant. Un gars fait des tours de terrain assis sur une glacière elle même posée sur une trottinette motorisée. Une grosse black s’emporte après une tente qu’elle espère plier en boule comme un t-shirt sale. Un militaire se tord de rire au sol, tout seul. Une promeneuse court après son chien rendu fou par on ne sait quoi. Oui, il y a aussi des joggeur qui passent là au milieu l’air de rien. C’est marrant mais quand on n’est pas dans le trip, c’est un peu comme un SAM à 4h du mat’ aux fêtes de Bayonne où t’es juste spectateur. Ils en ont assez, mais la fête les rappellent par un son d’orgue à la Ray Manzarek des Doors, les voilà nos hippies, un groupe aux allures de Jefferson Airplane joue sous un arbre, des gens dansent comme à Woodstock. Un gangsta du public s’impose au clavier, on pense qu’il va faire n’importe quoi mais l’affaire prend une tournure soul tout à faire savoureuse. Les musicos pausent.

Alor Calmence, Rascal et Jurien essaient de partir pour la deuxième fois. Mais ça arrive dans le sens inverse en courant, des filles crient d’excitation le portable filmant au bout du bras. Il doit se passer quelque chose, demi-tour.  L’ambiance a complètement changé en quelques secondes, deux petits gars bien nerveux sont partis à l’assaut d’un géant au crâne rasé et quelques autres foyers de bagarre semblant s’allumer ça et là. Des flics débarquent en moto, oui, il est vraiment temps de s’éclipser. Une jeune fille jette une noix de coco par terre et a l’air excédée. Un autre joggeur passe par là. Une procession de Krishna s’extirpe de la mêlée en chantant leur lancinant « Aré Krishna, Aré Krishna, Aré Krishna Aré Aré » qui reste longtemps en tête, longtemps.

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