Album : The Brian Jonestown Massacre – Musique de film imaginé

A Records 2015

On avait laissé Anton Newcombe et le Brian Jonestown Massacre en plein voyage acide entre Berlin et Reykjavik. Ils avaient personnifié l’esprit rock’n’roll à coup de concerts catastrophiques ou magnifiques, rempli jusqu’à la gueule un double best-of de pépites psychédéliques en seulement une décennie d’existence et maintenant que le Sergent Pepper est bel et bien mort, il est de plus en plus difficile de les suivre pour les fans ou quelques imprudents qui se jetteraient dans leur discographie par les sorties récentes. Jamais à court d’idée, le Brian Jonestown Massacre vient de sortir Musique de Film Imaginé. Vu qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, qu’aucun producteur n’avait proposé l’exercice et qu’il en avait manifestement envie, Anton Newcombe a écrit la musique pour un film qui n’existe que dans sa tête. Donc, à chacun d’en imaginer le contenu.

D’abord, les titres des morceaux comme celui de l’album sont en français, donc le film l’est aussi, où du moins il se déroule sur ce sol là, on se tape de la nationalité du producteur. On peut penser que Newcombe n’est pas inconditionnel de la Soupe au Choux ou de la série des Gendarmes. Sûrement plus de la Nouvelle Vague, Godard, Truffaut, tout ça, mais pomper Michel Legrand est l’erreur qu’il ne fera pas. Non, il s’agira d’une fresque historique qui se déroulera au début du XIXème siècle, le titre Philadelphia Story chanté par Soko (il faudra penser à lui trouver un rôle) suggère plusieurs choses. Le début se passera dans la ville de la côte est des États-Unis, le personnage principal sera féminin, toute sobriété sera bannie. Il y sera riche en décors, en vêtements et forcement en émotions à fleur de peau, de l’amour passionné, des drames déchirant. Une dispute se jouera au bord d’une falaise sous la pluie ou ne se jouera pas.

Synopsis : Fille d’une famille d’aristocrates déchus, ruinés, forcés à l’exil américain, Joséphine de Quelque chose revient sur les terres de ses ancêtres (vu la pochette, on dira en Finistère) à la recherche de la grandeur passée. Elle amène avec elle des idées nouvelles du nouveaux mondes dans une campagne à la traîne. Le beau et torturé Clovis Saint Bidule, fils de la nouvelle famille dominante tombe sous son charme froid. Ce n’est pas du goût de la vénéneuse Clothilde, brune mi-gitane mi-sorcière. La fin ne sera pas dévoilée, sachez seulement qu’elle ne sera pas heureuse.

Mélanie Laurent sera Joséphine, blanche colombe digne et plein d’idéaux. Gérard Depardieu son père, une courte apparition éthylique dans le premier quart d’heure.

Louis Garrel sera Clovis, dandy taciturne à la beauté magnétique.

Asia Argento, présente sur l’autre titre chanté de l’album Le Sacre du Printemps, apportera une touche mystique et païen à l’histoire. Elle sera le pendant ténébreux.

Mais Wood&Beers n’est pas un studio de cinéma, laissons au réalisateur le soin de développer et approfondir. Qui d’ailleurs ? Pas Luc Besson, Anton Newcombe détesterait le moindre effet spécial. Pourquoi pas Sofia Coppola ? On lui en parle. Bref, sans le nom sur la pochette, il serait difficile de reconnaître le Brian Jonestown Massacre, tant on sort du cadre rock sur toute partie instrumentale. Anton Newcombe avait forcement l’histoire en tête et a composé par dessus. A chacun de faire la sienne à l’écoute de ce disque pas comme les autres.

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