Album : La Luz – Weirdo Shrine

Hardly Art, 2015

En 1994, Quentin Tarantino avait fait découvrir à beaucoup la Surf Music en ressortant Dick Dale ou les Lively Ones des archives de la sous-culture américaine pour la bande originale de Pulp Fiction. Le courant est né en Californie au début des 60’s, ça parle de filles, de voitures et bien évidement de surf. Des fois un saxo, toujours un son de guitare clair qui reproduit le cliquetis de l’eau sur le sable, électrifie les rouleaux, plus ou moins fort selon la marée, c’est ça la Surf Music.

Les quatre filles de La Luz ont plus des looks d’étudiantes en histoire de l’art que de dompteuses de vagues (bien que l’un n’empêchant pas l’autre, on est d’accord), et voilà trois ans qu’elles remettent au goût du jour cette fameuse Surf Music. Cette fin d’été, alors que les touristes ont déserté les plages, elles sortent Weirdo Shrine, leur deuxième album produit par le nouveau pape du garage, Ty Segall. Après un premier morceaux doux et éthéré, la machine se met en marche, la rythmique est sèche et fière, elle a quelque chose d’hispanique (flamenca ?) sur l’autoritaire With Davey. La houle varie du tout au tout d’un morceau à l’autre mais la voix garde une belle sérénité, agrémentée de langoureux Ahaaaaaah, Ohooooooh et autres Ouuuhahouuuuuh. La plage, au bout d’un moment, ça lasse, alors les filles délaissent la douceur de la brise marine, grimpent dans leur muscle car et se taillent à tombeau ouvert vers le désert. Elles s’étaient déjà fait remarquées sur leur premier album avec le clip de Big Big Blood, qui était justement très sanglant, et celui de Black Hole, Weirdo Shrine est pas mal non plus. Déjà le titre est une petit tuerie garage, apparemment inspiré de Black Hole, la BD de Charles Burns où des lycéens se refilent une MST monstrueuse et partent vivre dans les bois, il est illustré par un comics halluciné entre cactus et scorpions.

Le disque passe vite, une demi-heure parfaitement tenue par des alternances de tempo allant de guitares paresseuses à un orgue endiablé. Vous l’aurez compris, La Luz a tout juste, autant dans l’inspiration que l’exécution, Weirdo Shrine est une pépite de plus dans 50 ans de sous-culture américaine.

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