Festival : L’été à Pau

Lundi 20 Juillet

A cette époque, on parlait encore de canicule, les palois étaient venus tôt et en nombre pique-niquer sous les ombrages du parc Beaumont. Ils viennent  pour l’ouverture du festival l’Eté à Pau, une série concerts gratuits à cheval sur les mois de juillet et août. Ils aiment dire que c’est leur taxe d’habitation qui paye tout ça, alors autant être présent. Pour sûr. Mais aussi parce que c’est bien.

Vetex

L’Orchestre International du Vetex – Photo Delphine Gabet pour l’Eté à Pau

C’est l’Orchestre International du Vetex qui ouvre le bal. Il y a là des Wallons, des Flamands, peut être un gars de Wazemmes. Cette bande de Deschiens est bien internationale donc, et le son de leur fanfare nous envoie plein Est, direction les Balkans, pour un set cuivré et joyeux. Non, Bruxelles ne sera jamais le Sarajevo du 21ème siècle comme le disait quelques tristes sires.

Si la musique des Zoufris  Maracas emmène le spectateur vers d’autres contrées, au-delà de l’Atlantique, des Antilles au Brésil, il y règne une atmosphère similaire, le même appel à profiter de la vie.  Mais leur dernier album n’avait pas le charme bohémien de leurs débuts, des textes un peu trop facile pour une critique de la société au premier degré. Le fossé est visible sur scène, autant que l’éthylisme manifeste de la troupe, mais ça on ne  peut pas leur en vouloir.

Mardi 21 Juillet

Les orages de l’après midi ont clairsemé les rangs du théâtre de verdure. Les locaux de Moon Module envoie quelques parties de stoner efficaces avant de laisser la place à Imparto, le nouveau groupe de l’ancien chanteur de Kourgane, moins cinglant, plus lourd et plutôt prenant, et les mêmes textes énigmatiques « Moi qui aiiii ééélu domicile dans la forêt … » les chevreuils et lapins détalèrent devant la bête.

Guillaume Perret a un saxo avec une lumière rouge à l’intérieur, il en sort des notes distordues assez étranges, son groupe le rejoint et excusez moi de ne pas avoir persévéré.

Jeudi 23 Juillet

19h30, soit 1h30 avant le début des concerts, le théâtre est déjà plein à craquer.  Les bayonnais de Coldust ont remporté le tremplin Discoverse ainsi que le droit de jouer leur rock façon Artic Monkeys devant le plus grand public qu’ils n’aient jamais eu. Ils s’en sortent bien et finissent en jetant leur premier CD à la foule. Alors pourquoi tout ce monde ? Parce que Charlie Winston ! Une petite à trois mètres de là en chiale de bonheur. C’est loin d’être terrible musicalement, mais il faut admettre que l’homme a du charisme quand il danse sur un paillasson lumineux et que son costume pourpre n’irait pas à tout le monde. Ce soir, plus de 5 000 personnes étaient dans le parc, record battu !

Mardi 04 Août

Wanton Bishops

Nader Mansour des Wanton Bishops – Photo Delphine Gabet pour l’Eté à Pau

Les premières notes de Last Train me rappellent immédiatement un concert fabuleux de Sleepy Sun à feu la Garden Nef Party de Angoulême. Mais dès son premier mot le chanteur m’irrite. A-t-il vraiment cette voix éraillée à moins de 20 ans ou il se force légèrement ? Ces questions reviendront tout le concert durant. Ils ont tout compris, c’est sûr, ils sont bons, pas de soucis, mais n’en feraient-ils pas un peu trop ? Plutôt partisan d’une sobriété à la BRMC, je suis quand même prêt à tourner le pouce vers le haut. Mais quand la musique s’arrête les commentaires des anciens seront plus « Quelle tête à claque ! », « Ils ont tout pompé aux Doors ! », « C’est pas un rail qu’ils se sont mis dans le pif, c’est tout le réseau SNCF ! »

Bref, les Wanton Bishops montent sur scène et l’heure précédente est déjà oubliée. Il faut voir leur chanteur, beau comme un prince afghan, avec ses amulettes et sa longue barbe. L’Orient et l’Occident s’entrechoque, ces gars là viennent de Beyrouth et jouent un hard-blues chaud brûlant, l’électro acoustique et l’harmonica groovent impeccable, mais le passage au tout électrique va tout dévaster, un pur moment de rock’n’roll racé et sans aucune retenue, tel une horde de pur sangs arabes cavalant dans le désert. Sauf qu’on est à Pau et qu’il y a du monde devant, mais c’est bon de se faire piétiner de la sorte, quand la musique s’arrête tous les visages sont unanimes. Claque générale !

L’Eté à Pau, c’était aussi des concerts sans journaliste de W&B : Ayo, Judah Warsky, Lindigo, Candie Kayne, Dope D.O.D, des têtes d’affiches, des talents émergents, des locaux, il y en avait pour tous goûts, longue vie à l’Eté à Pau !

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